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La Thématique du mois – La Dystopie #3
09/06/2016
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Voici le dernier article de notre thématique du mois sur la dystopie, article sur un ouvrage dystopique !

La dystopie dont nous avons choisi de vous parler aujourd’hui est La Fleur de l’ombre, d’Isabelle Morot-Sir.

Ce roman paru en début d’année 2016 nous emmène en Europe, mais une Europe en guerre. Dans cette uchronie, les jeunes ne décident pas forcément de leur avenir. C’est le cas de Tamara, jeune femme qui rêvait d’être architecte, mais à qui le destin fait une mauvaise farce : elle est sélectionnée pour être Mère de la Partie, c’est-à-dire…une femme qui ne vit que pour peupler son pays.  Elle doit alors servir l’eugénisme de son pays et abandonner ses rêves et aspirations, ce qui la révulse. Propulsée dans un monde qu’elle rejette, vers un avenir qu’elle n’a pas choisi, Tamara va devoir chercher à s’y faire sa place…ou bien à s’enfuir ? Mais sur qui peut-elle compter ?

Ce roman, outre le fait qu’il contient tous les éléments d’une bonne dystopie : un univers injuste et une romance impossible, est particulièrement efficace dans sa narration. On s’attache très vite à Tamara, jeune femme pleine d’espoirs qui se retrouvent soudainement contrariés, mais qui garde son tempérament de feu et sa volonté à toute épreuve. Et elle aura bien besoin de volonté pour faire face à ce que l’histoire lui réserve !

L’écriture nous emporte avec brio, la psychologie de Tamara est suffisamment approfondie pour que nous nous prenions au jeu, anxieux lorsqu’elle l’est, énervée lorsque les injustices la frappent, à la lecture notre réconfort correspondra à ses brefs instants de bonheur. Tamara est un personnage attachant dans ses doutes et ses aspirations, et il est impossible de ne pas l’apprécier. C’est un personnage féminin fort, qui porte l’intrigue et le propos tout au long du roman, sans relâche, elle est l’une des richesses de cet ouvrage.

Comme toute dystopie, le roman pose également la base de réflexions, notamment sur les abus et les dérives d’une société en guerre, et de ce que doit être « l’effort de guerre », car dans cet ouvrage, aucune personne, aucun État, aucun système n’est tout blanc ou tout noir, l’univers développé est tout sauf manichéen, et on en vient à se demander qui suivre, qui supporter. L’univers qui est esquissé est suffisamment développé pour bouleverser avec une certaine douceur nos idées préconçues, et nous apprendre à réfléchir à ce qu’on entend d’un système, à la manière dont un jugement peut être biaisé.

Rythmé par des rebondissements réguliers et un suspense bien dosé, La Fleur de l’ombre est un excellent récit d’anticipation, sombre mais bercé par les espoirs des deux personnages principaux, avis aux amateurs de dystopies !

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