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Coup de coeur du mois – Jean-Claude Palcowski
23/03/2017
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Les Éditions Publibook vous présente aujourd’hui une interview de Jean-Claude Palcowski, auteur de Ces vigiles que les Français n’aiment pas.

    Le principal trait de mon caractère ? 

Persister (la caractéristique des loosers combatifs). Je ne l’ai pas toujours été, avant d’apprendre à persister, je me précipitais (pour être ce que je ne suis pas !).

  1. Mon mot préféré ? 

En ce moment : persister

  1. Un mot que je déteste ?

Tous les mots « qui ne nomment pas les choses… »

  1. Ma drogue favorite ? 

Aucune. Elles sont toutes mortifères. C’est depuis soi qu’il faut faire jaillir sa force, sa volonté et ses folies…

  1. Ce que je voudrais être ? 

Voir devise Arthur Rimbaud : « Posséder la vérité dans une âme et un corps » (la dernière phrase d’une saison en enfer). C’est-à-dire ne pas être un remplaçant, une réplique… Marc Aurèle dit la même chose : « Inutile de dire qui tu es (franc, bon, etc.…) cela doit se sentir, se voir sur ton visage… »

  1. Ce que je déteste par-dessus tout ? 

La crasse, les gens crasseux, les réflexions crasseuses, les attitudes crasseuses, la vulgarité et les hommes ou femmes ordinaires, ceux qui exécutent des ordres brutaux, inhumains, à l’abri de leurs guichets et de leurs certitudes…

  1. Le métier que je n’aurai pas aimé faire ?

Inspecteur des finances ou autres comptables… Tous ces métiers qui clôturent, qui parquent, qui classent et déclassent les êtres humains.

Lire (Edilivre) le deuxième ouvrage : Le Ciel était si bleu aux Kerguelen.

  1. Mes auteurs favoris ?

Lucien de Samosate, Gustave Flaubert pour sa correspondance, Baudelaire aussi pour sa correspondance, Oscar Wilde pour le style, Etty Hillesum (J’ai souvent été une première fois…), mais aussi Friedrich Nietzsche (j’ai adapté pour le théâtre quelques passages d’Ainsi parlait Zarathoustra), Antonin Artaud pour sa lucidité (j’ai adapté pour le théâtre La Conférence du Vieux-Colombier), Antoine de Saint-Exupéry, etc.… Et Michel de Montaigne cité plusieurs fois dans l’ouvrage et dont j’ai repris le concept des « murailles sans pierre… » de notre sécurité, mais aussi à propos du mariage « on n’achète pas un chat dans un sac sans le voir… ». J’ai cité entre autres ces auteurs et ceux que j’aime (voir les notes de fin de page). Écrire permet de les citer et de les porter à la connaissance du public.

  1. Mes héros favoris dans la fiction ?

Hondo, un feuilleton des années 1967. Un ex-capitaine nostalgique, solitaire, désabusé, justicier, défenseur des minorités indiennes (j’ai séjourné au Dakota chez les Sioux Lakota), et son chien (Sam) dans les plaines de l’Ouest américain après la guerre de Sécession.  L’acteur, Ralph Taeger, lorsqu’il ne tournait pas, lavait les vitres des gratte-ciels à Los Angeles.

  1. Mes héroïnes favorites dans la fiction ?

Je préfère les héroïnes de chaque jour, beaucoup plus élégantes, séduisantes et mystérieuses que celles des fictions.

  1. Mes héros dans la vie réelle ?

Les héros anonymes dont on découvre l’existence au cours de lectures, mais aussi les héros de l’Aéropostale (Jean Mermoz…).

  1. Mon juron, gros mot ou blasphème favori ?

J’évite de jurer (jurer, par jurer…).

  1. Mon état d’esprit actuel ?

Ne plus engager des batailles pour « être ce que je ne suis pas » (extrait de Jan Patocka, philosophe tchèque assassiné par la police politique en 1977 et contraint auparavant de travailler comme manutentionnaire à l’Université de Prague alors qu’il était professeur émérite (Eternité et Historicité, éditeur Vrin).

  1. Ma devise ? 

Du moment ? Citons Arthur Rimbaud : « posséder la vérité dans une âme et un corps » (la dernière phrase d’Une saison en enfer).

  1. L’origine de votre texte ?

Il s’agit du récit d’une immersion (qui se prolonge) associé à un récit biographique et à des références d’auteurs soucieux du devenir des hommes. Tout est dans le récit (page de l’avant-propos) : « J’ai toujours travaillé seul et je n’ai ruiné que moi-même » (Pierre Clémenti, acteur) et donc pressé par la nécessité (Héraclite) et l’ignorance, j’ai de nouveau travaillé sur le terrain comme agent de sécurité. Cette histoire est aussi le prolongement de Taïchet (premier livre), une aventure dans le Transsibérien (que j’ai vraiment pris) et du Ciel était si bleu aux Kerguelen (deuxième livre).

  1. Ce qui m’a donné envie d’écrire ? 

Ces vigiles… est le troisième ouvrage ; à la suite d’un accident suite à un saut d’altitude au parachutisme, j’ai été amené à remplacer ce vide. Dans la vie, comme en escalade, en montagne (que j’ai pratiqué, un peu moins maintenant), il faut toujours trois points d’appui (l’affection, le travail, un autre travail plus personnel) et comme l’un ou l’autre de ces trois points est souvent défaillant, il en reste au moins deux pour se raccrocher avant de chuter.

 L’origine de mon titre ?

L’ignorance, les regards de ceux habitués par les certitudes, les sourires des satisfaits, le mépris, vous savez, ces gestes de la main qui écartent les petits, les insignifiants. Ce mépris (attitude très française) des « donneurs d’ordres, du public, des sachant, des médias, des politiques… » envers ceux qui ne sont pas de leur classe. Toutes ces ambigüités sociales, politiques, administratives qui caractérisent la société française. En fait, les médias, les politiques, le public parlent des vigiles (dont le terme est perçu comme une marque de mépris par les agents de sécurité et pour cela se reporter à l’ouvrage) alors que la qualification officielle est agent de sécurité. En ce qui me concerne, la qualification de vigile ne me gêne pas.

  1. L’origine de mes personnages ?

La vie réelle. Le jour et la nuit. La nécessité et surtout l’ignorance qui gouverne nos vies…

  1. Mon personnage préféré ?

Tous, ils sont réels. Et entre autres, dans les auteurs cités : Blaise Cendrars, une vie d’aventure (lire Les Pâques à New York et La Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France)

  1. Secrets sur mon histoire ?

Il est insatisfaisant d’écrire un livre d’actualité, la réalité a toujours un coup d’avance. Tout a été dit au mieux et pourtant, il faut savoir aussi se borner (Martial, Les Epigrammes…).

Peut-être que je rédigerai une version actualisée. Mais j’ai d’autres projets d’écriture, un récit personnel de Cao Bang (Vietnam) au Cap Horn , mais aussi deux romans d’aventure, l’un relatif à trois sapeurs de la Grande Armée qui ont été sauvés du désastre de la Bérézina et rejoint leur village de Guillaumes (le village des bêtes heureuses) dans les Alpes-Maritimes et que j’évoque dans le Ciel était si bleu aux Kerguelen  (Simone de Beauvoir a arpenté ces montagnes en 1939) et un autre roman à propos du Christ de la cathédrale d’Amiens , volé au cours du sac de Constantinople.

 

Pour vous procurer son ouvrage, cliquez ici.

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