Avec une cruauté teintée d’innocence, presque avec une morgue adolescente, Claude Chenaud promène son regard sur le monde, la sexualité, l’humanité, si petite, qui déambule, se cherche, aime. Dans un style conjuguant liberté de ton, mordante irrévérence, voire insolence juvénile, le poète extrait de ses contemplations, de ses rencontres, de ses amours, de ses corps à corps, une œuvre qui, dans un ballet incessant de morbidité et d’érotisme, dans cette tragique imbrication de la vie et de la mort, guette ce sens de l’existence qui ne cesse de se dérober.
Un style sucré-salé au service d’un recueil qui se partage entre douceur et âpreté. Poète dont les mots savent se faire incisifs, tranchants, moqueurs, étonnés, mutins, Claude Chenaud signe avec "L’Amer émoi des maux d’un moi" une œuvre aux éclats tantôt brûlants, tantôt metalliques, qui témoigne d’un balancement incessant entre candeur et désillusion.
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