Résumé :
Il existe des domaines qui échappent au langage, sur lesquels le sens commun des mots glisse et n’arrive pas à adhérer. Il est des expériences proches de l’indéfinissable, de l’inconcevable, trop personnelles pour être partagées intégralement, universellement. L’instant mystique est de ceux-là, toujours inaccessible, incommunicable, car situé dans un au-delà ou un en deçà de la raison, de l’intellection. Peut-être est-ce pour cela que les écrits rédigés par les mystiques sont comme voilés, qu’ils ne laissent échapper que quelques significations, qu’ils recèlent comme des profondeurs infinies. Alors, comment parler mystique? En adoptant une démarche périphérique, en délimitant le phénomène dans des cercles qui se font de plus en plus étroits, en associant approches exégétique et historique de ces hommes qui connaissent une forme de foudroiement, d’abnégation et de dissolution de soi dans le Divin. Marquant une étape dans la reconnaissance du soufisme, de son rayonnement, de son lexique et de ses grandes figures, l’essai de Mohamed Sahnoun se lit tout à la fois comme une encyclopédie commentée de ce mouvement et un hommage, à peine masqué, à ceux qui restent attentifs aux moindres mouvements et infléchissements de leur âme.
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