Notre avis :
Comment comprendre, sur le vif, un événement aussi complexe que le conflit irakien? Peut-on repérer l’origine, parfois lointaine, des décisions et des comportements dans le rendu quotidien de l’actualité? La parole policée des dirigeants révèle-t-elle leurs intentions profondes? Les événements les plus médiatisés sont-ils les plus significatifs? Pendant trois ans, de 2003 à 2005, Philippe Bois a compulsé et décortiqué les journaux français et américains pour répondre à ces questions. Il en ressort aujourd’hui un essai historique stupéfiant et brillant, au regard acéré sur les événements, qui permet de revisiter un conflit révélateur de bien des mouvements sur l’échiquier international. Se situant dans la durée, ce journal invite aussi à réfléchir aux qualités d’un leadership européen dont les fondamentaux, hérités de l’histoire, sont fondamentalement pacificateurs. Chronique vivante, mêlant observation et recul, "Irak, journal d’un européen" est un bel exemple de ce que "se forger une opinion" veut dire.
Résumé :
2003, le gouvernement américain décide d’entrer en Irak. Les raisons sont floues et les avertissements écartés, la guerre est devenue "préventive". Pour ceux qui prétendent entraver l’accomplissement des constructions théoriques des Néoconservateurs, les coups volent bas et, bientôt, l’Europe communautaire n’existe plus. La France assume avec brio sa fonction tribunicienne mais pèse-t-elle au-delà des mots? Partout, les choix anciens et rassurants semblent périmés et une évidence s’impose: une époque se termine. Sur le terrain, la situation se dégrade. La guerre est un caméléon disait Clausewitz et la puissante armée américaine peine face à une guérilla agressive, dans un pays dont les journalistes permettent de découvrir la complexité. A Washington, la presse et le Congrès, tétanisés depuis le 11 septembre, reprennent leurs esprits, enquêtent, questionnent individus et institutions et finissent par confondre les ambigüités, parfois les mensonges, du pouvoir. En Irak et en Afghanistan, la remise sur pied des institutions progresse; pourtant des démocraties paisibles et prospères semblent, à court terme, hors de portée. Ailleurs la Chine s’impose, la Russie gronde, l’Iran menace et le nucléaire prolifère. Derrière l’actualité, l’histoire en mouvement interroge chacun, citoyen et dirigeant: comment comprendre, comment agir? A l’Europe, l’observateur pose une seule question: saura-t-elle recycler son brillant patrimoine diplomatique et intellectuel pour dominer la guerre, ce "phénomène social" éternel, immuable et changeant?
Né en 1965, Philippe Bois est titulaire d’une maîtrise d’histoire, d’une maîtrise de sciences politiques et d’un DESS de Défense de l’université de Paris-Sorbonne. Depuis 1990 il travaille pour les directions financières de grandes entreprises.
Notre avis :
L’histoire n’est pas établie par l’action et sous l’impulsion de quelques-uns. Infiniment plus complexe, se faisant et se défaisant à travers un réseau complexe de facteurs (humains, sociaux, économiques, politiques), elle doit être appréhendée dans toute sa subtilité et refuser son appropriation, directe ou... [lire
la suite]