Résumé :
Je ne m’étais pas rendu compte que je pleurais – elle avait raison pour une fois – mon visage était trempé.
J’avais de fortes fièvres quand j’étais enfant, des angines et des otites m’emmenaient au-delà des 40°, mais à force mes parents ne s’inquiétaient plus. Je me réveillais la nuit, mon corps agglutiné aux draps imbibés de ma sueur. Je pleurais. Je me souviens du goût de mes larmes et de ma transpiration. Maman venait, bienveillante, parlait peu, me soulevait tendrement jusqu’à me déposer sur le fauteuil du palier et changeait mon pyjama après m’avoir essuyée avec une serviette. Ensuite, elle refaisait mon lit. Je n’ai plus jamais eu cette sensation de fraîcheur dans mon corps quand celui-ci s’engouffrait dans mon lit refait.
“Voilà, allonge-toi un peu, je reviens te voir tout à l’heure.”
Ici, ça sent le rêche, le rien.
A quel moment ai-je pris un chemin de traverse qui m’a déviée de la jolie route tracée droit devant moi?
Ces femmes sont nées les unes après les autres, l’une donnant peut-être d’ailleurs naissance à la suivante. Comme une peau qui, en se retirant, laisse place à une couche un peu plus profonde, un peu plus proche. Je les ai rencontrées, imaginées, rêvées, peu importe, elles m’ont traversée. D’une façon ou d’une autre.
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