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Notre avis :
La Réunion, c’est moi, pourrait s’exclamer Solenn. Je suis cette île et son peuple condamné, son épanouissement annihilé et son quotidien poussiéreux. Mes douleurs sont ses pitons, mes silences ses forêts, mes rêves ses plages. Fille d’une île dépossédée, de ses hommes brisés, de ses mères fourbues… Comme elle, cernée par les flots de la pauvreté, l’horizon comme seule échappatoire. Oui, je suis La Réunion, la somme de ses empêchements, de ses frustrations, des vestiges du colonialisme. Je suis la Réunion, et ne vous déplaise, voici ma réalité.
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Résumé :
En marge des clichés rassurants, des cartes postales exotiques, une enfance réunionnaise s’énonce. Pas de métis souriants, avenants, aux habits colorés. Pas de marchés bruyants, enjoués, aux parfums épicés. Nul repos. Nulle indolence. Rien de cette existence idyllique véhiculée par les images d’Epinal. Partout, pour les Réunionnais, le dénuement et l’abrutissement, la misère qui vous colle à la peau et cet alcool dans lequel les hommes tentent d’étouffer leur rage contenue. Là, en ces terres éloignées des quartiers occupés par les métropolitains, dans le village de la Procession, grandit Solenn, cafrine de dix ans, dont les yeux ont depuis longtemps cessé de verser des larmes. Déjà taris, pour toujours, asséchés par l’aridité d’un contexte familial dominé par un père tyran. Dans la case de tôle menacée par les cyclones naturels ou paternels, la fillette commence toutefois à tirer des plans sur la comète. Se prend à rêver d’ailleurs, de France et de Paris. Un projet moins original qu’il n’y paraît, commun à toute une jeunesse désillusionnée…
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La réunionnaise Martine Esther habite dans le Val de Marne (94) avec son époux Corrézien et ses deux fils métis. Il s’agit de son second roman qui a pour cadre son pays natal, où elle vécut toute son enfance.
Son site Internet:
http://www.martine-esther.com
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