Notre avis :
"De Beijing à Ispahan" ne s’explique pas, ne se commente pas. Ce recueil se vit. Dans le silence de la lecture, dans ce tête-à-tête avec les textes, jaillit et explose en effet, foudroyante, surréaliste, déconcertante, une écriture d’une indubitable modernité qui fuit les contraintes pour s’épanouir dans une totale liberté. En s’affranchissant de tout canon et de tout modèle, Zara Hankelb confine alors à l’avant-gardisme.
Résumé :
L’Orient hante le recueil de Zara Hankelb. Cependant, à travers ce terme, il ne s’agit pas de rechercher la description d’une réalité géographique plus ou moins exotique. En lieu et place, il faut le saisir comme cet espace attirant où le familier s’effondre face à l’inhabituel. Ici, il est donc moins question de Beijing ou d’Ispahan que d’une exploration d’un au-delà de la langue et de la poésie. De la découverte d’un nouveau territoire littéraire où pourraient se développer un style et un imaginaire qui auraient abandonné les oripeaux de la tradition et du coutumier. Partir vers l’Est ou lire ces poèmes se réduisent alors à une seule et même activité: se désorienter et marcher sur des terres inconnues.