Notre avis :
Le titre provocateur de ce recueil ne cesse de nous obséder: pourquoi clamer le désamour de la poésie tout en ne cessant de la pratiquer? Au-delà des anecdotes biographiques, peut-être faut-il chercher une réponse dans le fait que la poésie est avant tout une recherche du beau. Or, tout ne l’est pas et les ombres ne cessent de s’infiltrer dans nos vies. De ce clivage intense entre le sublime et le commun naît ainsi une œuvre poétique excessive, presque caricaturale, qui s’emploie à couvrir sous des mots plaisants et impertinents nos peines et nos blessures. Une œuvre clownesque donc, qui sous les masques et les grimaces distrayantes, laisse poindre un désarroi spleenétique.
Résumé :
Poète trivialo-surréaliste, Gérard Le Blouch est fabuliste: ses poèmes sont de courtes histoires, de brefs portraits teintés d’humour et d’irrévérence, dans lesquels se profilent des êtres solitaires, abandonnés ou en quête d’amour, désabusés et en mal d’autrui. Parmi ces délaissés revanchards tel ce "Naufragé", ces déçus comme cette "Langouste", ces idéalistes invincibles du poème "Amour de banlieue", chacun se reconnaîtra et percevra, sous l’apparente légèreté de la plume populaire de l’auteur, une esquisse tendre et cruelle de nos identités d’hommes et de femmes modernes. Car derrière le rire se cache le sérieux, à l’image d’un recueil qui sait que le "Mépris de la poésie" n’est pas exempt d’une part d’amour.
Né en 1943, Gérard Le Blouch est issu d’une famille de marins. Il débute sa carrière comme mécanicien dans la marine marchande puis il travaille dans les services de maintenance industrielle. A 44 ans, contraint par la crise de l’emploi, il reprend ses études et obtient le diplôme d’assistant social, métier qu’il exercera jusqu’à son départ en retraite. Depuis, il peut enfin s’adonner au plaisir de l’écriture…
Notre avis :
"Les mots, l’importance du mot. Sa parole. Son dire. La vibration, l’onde d’une personne à l’autre, intangible, fragile. Substance sans matière, pleine de vitalité et de vie […]. Rapidité de l’éclair qui passe […], vole et relie les choses, les êtres." En elle-même, cette première strophe du poème "Parole"... [lire
la suite]