Résumé :
"Il pouvait être intéressant d’avoir le témoignage d’un jeune qui n’avait rien fait d’autre que d’échapper au froid, à la faim, au couvre-feu, à la propagande ennemie, et aux bombes anglaises, américaines, italiennes et allemandes.
Quelqu’un qui pouvait dire, comme l’Abbé Sieyès, quand on lui demandait ce qu’il avait fait pendant la révolution: "J’ai vécu!".
"A la piscine Molitor, Français et Allemands se retrouvent dans l’eau, sous le même uniforme, le slip de bain, sans jamais s’adresser la parole. Je reconnais les soldats facilement: quand je leur donne un coup de pied involontaire, avec ma brasse ataxique, ils crient: "aou" au lieu du "aïe" des nageurs de chez nous.
Deux ou trois prostituées qu’on surnomme "les sirènes de Molitor", ont des relations suivies avec les Allemands. Je remarque un gros major à tête rasée qui se fait masser le pied avec délice par l’une d’entre elles. Un jour, il hurlera, le visage congestionné qu’on lui a volé son revolver dans sa cabine! Tous les clients de la piscine, même ceux qui sont en slip de bain, seront fouillés par des Allemands (on se doute de leurs plaisanteries…), sans que l’objet du délit soit retrouvé. Il ne sera pas perdu pour la Résistance! La sirène de Molitor en fait-elle partie?"
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